5 années d’évolution des drones professionnels

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Dans le domaine du drone, comme dans tout autre secteur, nous nous habituons aux évolutions technologiques rapides. Le monde n’a jamais changé aussi vite, mais nous nous adaptons, et trouvons cela presque normal, voire banal. On nous propose toujours mieux, chaque nouveau produit succède à l’ancien de plus en plus vite, et ainsi va maintenant la vie. Mais si l’on se pose quelques instants, si l’on regarde le passé récent, nous pouvons dire que rares doivent être les domaines d’activité dans lesquels les choses sont allées aussi vite que dans celui du drone appliqué aux utilisations professionnelles. Devons-nous nous en étonner, en éprouver des craintes, ou au contraire en retirer du plaisir, voire de l’émerveillement ?

L’avenir nous le dira. Retour sur moins de 5 ans d’exploitation professionnelle.

L’époque des pionniers

Il y a quelques années, lorsque nous avons émis l’idée de renforcer nos moyens de tournage terrestres par des drones, nous ne savions pas que peu de temps plus tard, nous disposerions par exemple d’une machine telle que le Phantom 4 PRO de DJI, qui incorpore dans un volume aussi réduit, autant de technologie et de facilité dans l’exploitation. Notre idée était développer nos solutions de prises de vues au bénéfice de nos clients,  en nous dotant en interne de toute l’expertise drone à vocation professionnelle.

Nous étions déjà rompus à la pratique du pilotage expert d’hélicoptères radiocommandés tels les gros T.REX  séries 600 et 700, sur lesquels  nous tentions avec grandes difficultés de fixer des petites caméras vidéo HD grand public (pour le faible poids). Mais les problèmes étaientq constants : nous peinions, à grands renforts de solutions bricolées, à obtenir des images stables, exemptes de vibrations parasites. Pour autant nous étions émerveillés de rapporter ainsi nos premières images « prises d’en haut ». La vérité est que celles-ci n’étaient jamais vraiment exploitables dans nos productions vidéo professionnelles.

La révélation

Un matin, nous eûmes LA vision ! Pourquoi n’y avions-nous pas pensé plus tôt ? Il faut cependant remarquer que plus tôt, cela eut été difficile d’avoir l’idée, car nous étions à cette époque dans la toute première génération de drones. Pourtant c’était hier. Cela dit, d’un côté nous étions producteurs audio-visuel, et de l’autre nous pratiquions de longue date le vol RC en aéromodélisme hélicoptère… Mais alors, la réunion des deux univers ne nous poussait-elle pas en toute logique vers ce monde du drone qui s’ouvrait à nous ? C’est ainsi que nous avons décidé d’intégrer la troisième dimension dans nos moyens de tournage.

 

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Hexacoptère DJI F550

Il nous fallait acquérir notre première machine. Laquelle choisir ? Quelle caméra embarquer ? Quelle fiabilité pouvions-nous attendre de ce nouveau matériel que nous ne connaissions pas ? Nos nombreuses questions trouvèrent rapidement leurs réponses dans un partenariat vertueux que nous avons initié avec les excellents professionnels de la société Studio Sport. Nos bureaux étant situés à deux pas de leurs ateliers, les relations en furent grandement facilitées. Si nous citons ici Studio Sport, ce n’est aucunement dans l’idée de leur faire de la publicité, mais simplement de les remercier d’être devenu notre partenaire technique.

Sans ceux, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Notre première machine commença donc à travailler pour nos clients : un  DJI F550 hexacoptère ressemblant à une araignée volante, équipé d’une caméra GoPro Héro 3 Black Edition, fixée sur une nacelle stabilisée sur deux axes par deux servomoteurs d’aéromodélisme.

La montée en gamme rapide

Très vite, nous avons constaté que cette première nacelle prétendue stabilisée ne remplissait pas bien le rôle pour lequel elle était faite : c’est-à-dire nous fournir des prises de vues vidéo stables, exemptes de vibration. L’image n’était pas toujours très fixe, le vent avait beaucoup d’influence sur le résultat, des phénomènes de « jellow » infectaient certaines parties du cadre, et en plus, nous avions du mal à corriger tous ces défauts en postproduction. Le résultat n’était pas suffisamment professionnel. Pourtant, c’est ainsi que nous avons convaincu nos premiers clients et que notre développement sur ce type de prises de vues aériennes s’est initié. Aujourd’hui il est clair que nos clients ne se satisferaient plus des imperfections que contenaient nos premières productions par drone.

Ensuite, tout s’est accéléré. La nacelle mécanique des origines a été remplacée par une nacelle stabilisée sur les 3 axes, pilotée par des moteurs brushless plus performants que les servomoteurs des origines. La GoPro et ses images frappées du fameux effet « Fish eye » a disparu, au profit d’un appareil vidéo et photo Sony RX100, mark1, puis 2, puis 4, que nous utilisions en renfort dans nos productions pour la télévision. Une nouvelle qualité nous parvenait ainsi. Un parachute est venu équiper la machine, nous ouvrant ainsi les territoires de tournages autorisés selon le scénario S3 de la DGAC. Si nous commencions à ressentir de la fierté devant nos réalisations, le travail restait encore difficile du fait d’un manque de performance de la nacelle brushless. Au montage, il fallait souvent « surfer » dans les rushes pour trouver les quelques secondes de plans exploitables dont la stabilisation était satisfaisante. Aurions-nous un jour encore mieux ?

Aujourd’hui, c’est presque le nec plus ultra

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Abbaye du bec-Hellouin, détail – Photo prise avec le Phantom 4 PRO en 20 MP

Pour les professionnels que nous sommes, la révolution – et le mot n’est pas trop fort – est arrivée avec l’annonce de DJI qu’une nouvelle machine baptisée Inspire 1 (version X3) allait renverser tous les codes du marché. A ce moment-là, rappelons-le, nous en étions encore aux générations des engins de type « araignées à 6 ou 8 bras », de type DJI 800, 900 ou 1000, pour ne parler que des plus connus : des machines incorporant déjà de belles avancées technologiques, mais souvent contraignantes à utiliser, relativement volumineuses, et inaptes de par leur poids  au scénario urbain S3, qui est celui qui nous permet d’avoir le plus grand nombre de clients .

L’inspire 1 version X3 de DJI nous plongea dans une science fiction à notre portée, tant les avancées étaient nombreuses : Caméra performante résolution 4K et capteur micro 4/3 16 Méga-pixels, du jamais vu sur une machine équipée d’origine, stabilisation bluffante, vitesse de vol inégalée, pilotage par tablette tactile et surtout facilité et sécurité des opérations aériennes, pour ne parler que des principales caractéristiques. Mais nous allions voir encore mieux !

Cette première version révolutionnaire de l’Inspire 1, un quadrimoteur rappelons-le, fut assez rapidement suivie d’une nouvelle version baptisée Inspire 1 PRO, doté d’une caméra dénommée X5, qui porta les performances de l’image encore plus haut. En particulier et sans rentrer dans les détails, certains effets indésirables sous certaines lumières et sur certains détails filmés avaient disparu. Alors cela nous a rendu exigeants, bien sûr. Nous aurions aimé en avoir encore plus ! L’être humain en veut toujours plus… par exemple monter en résolution de 16 à 20 Méga-pixels, par exemple pouvoir filmer en 4K (Ultra HD) en 60 fps et non 30 fps (nombre d’images par secondes), afin de fluidifier les panoramiques. « Monsieur DJI » allait s’en occuper pour nous…

 Et demain, le bonheur complet ?

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Pont Gustave Flaubert à Rouen – Screen shot d’une vidéo réalisée avec l’Inspire I PRO

Récemment, au moment où nous rédigeons ces lignes, le leader mondial des constructeurs de drones civils a sorti ce que nous avions demandé… au Père Noël : une nouvelle version de la gamme Inspire, baptisée Inspire 2, incorporant une caméra de type X5 S. Cette machine commence à être utilisée dans les grosses productions cinématographiques ainsi que dans la publicité en faisant le bonheur de réalisateurs et de directeurs de la photo particulièrement exigeants, on s’en doute. Un fait curieux est d’ailleurs que malgré un tarif avoisinant les 10.000 Euros TTC, en ajoutant divers matériels annexes indispensables pour l’exploitation professionnelle, la machine totalement PRO se situe encore à un niveau de prix accessible à un particulier désireux de faire un petit sacrifice budgétaire. Pour autant, ce type de machine ne peut être exploitée au maximum de ses capacités et en toute sécurité, que par de vrais professionnels.

Dans le même temps, DJI nous a gratifiés de la sortie de la toute dernière version du célèbre quadrimoteur Phantom, dénommée « 4 PRO ». Nous l’avons bien sûr acquise et sommes déjà bluffés par ce que nous apporte cette petite machine, même si elle se situe dans une gamme inférieure à la gamme Inspire. Et pour l’Inspire 2 type X5 S, qu’allons-nous faire ? Il est à l’évidence déjà commandé. Les choses vont si vite qu’il nous faut demeurer en permanence au top de la technologie et des sorties, et cela au bénéfice de nos clients.

Alors, aujourd’hui, le bonheur, donc… Mais  est-il complet ? Non, pas si sûr, tant l’avenir proche nous promet encore et toujours de nouvelles avancées technologiques qui continueront à révolutionner nos façons de produire de l’image. Mais nous le savons tous, sur cette terre, ainsi que dans le ciel, le vrai bonheur, c’est toujours pour plus tard…

Dirigeant-Fondateur de CPM Drone
Producteur audiovisuel pour entreprises et télévision

1 Response

  1. Excellent Commentaire ! Cela fait plaisir d’avoir l’avis de professionnel parmi les professionnels !
    Cela résume bien la situation … L’autre volet de la discussion et du constat après ces cinq années,
    c’est aussi l’évolution des offres sur le marché…Bientôt 3000 opérateurs en france, et on est
    toujours pas entré dans la période « d’écrémage des opérateurs », période devant ne laisser « que les
    bons opérateurs »… Il m’est arrivé la semaine dernière de recevoir, un appel d’un jeune en recherche
    d’emploi, à qui pôle emploi avait indiqué notre métier comme étant très porteur pour trouver un job rentable !
    …On est pas là dans la réalité des choses…

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